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Version développée d’une conférence prononcée le 1er juillet 2003 dans le cadre d’un colloque organisé en hommage au mathématicien Laurent Schwartz, dans les locaux de l’École polytechnique à Palaiseau. Ce texte a été publié dans une édition spéciale de la Gazette des mathématiciens, sous le titre « Laurent Schwartz (1915-2002) », supplément au n° 98, 2003

J’ai eu la grande chance d’appartenir à la « fameuse promotion 1963 » de l’École polytechnique, dont Laurent Schwartz écrit dans ses Mémoires qu’elle fut celle qui lui a donné « le plus de bonheur ». En sont notamment issus plusieurs mathématiciens renommés.
Mon premier contact avec mon futur professeur puis collègue fut indirect. C’était l’été 1963, juste avant mon incorporation à l’X (à l’époque à la montagne Sainte-Geneviève).

Quinze ans qui bouleversèrent le monde

Publié dans Le Courage de réformer, sous la direction de Claude Bébéar, Paris, Odile Jacob, 2002

En 1867, Victor Hugo, visionnaire comme peuvent l’être les poètes, prédisait l’avènement d’une « nation extraordinaire ». « Cette nation, écrivait-il, aura pour capitale Paris et ne s’appellera point la France : elle s’appellera l’Europe. Elle s’appellera l’Europe au XXe siècle, et aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s’appellera l’Humanité. »

L'action et le système du monde
La France du nouveau siècle

 

Texte préparé pour la séance solennelle de l’Académie des sciences morales et politiques, le 19 novembre 2001

Tous les peuples aiment qu’on leur parle, et pas seulement qu’on les écoute. Les Français peut-être plus que d’autres, en tout cas par intermittence, parce que, comme le rappelle René Rémond : « Notre culture est largement faite de la conviction que c’est par la politique qu’un peuple conduit son destin au lieu de le subir. » Ainsi observe-t-on que la participation électorale, certes en baisse comme partout, reste chez nous l’une des plus élevées des pays démocratiques. En ce début de siècle, les Français ne sont pas fâchés avec la politique, mais avec une certaine manière de la faire.

Texte rédigé pour la séance publique des cinq académies, sous la Coupole de l’Institut de France, le 16 octobre 2001.

L’avenir de la France, c’est l’Europe. Non pas l’Europe éphémère des grands conquérants, celle de César, des Habsbourgs ou des Bourbons, celle de Charlemagne ou de Napoléon, mais l’Europe libre, cimentée par le consentement de ses composantes telles que l’histoire nous les a léguées, l’Europe respectueuse d’une diversité culturelle qui sera le socle de sa propre culture et la source d’une fraternité fondée non pas sur un projet jacobin d’uniformisation, mais sur la valorisation des différences.

Transcription d’une conférence à la Société française de philosophie. Bulletin de la Société française de philosophie, séance du 13 janvier 2001

Une remarque terminologique avant de commencer. Au lieu d’« informatique », j’aurais pu dire « science de l’information ». C’est qu’il y a davantage dans l’expression « informatique ». Informatique suggère quelque chose de plus, qui est de l’ordre de l’écriture. De la même manière que l’on ne peut pas mettre de nom sur l’invention de l’écriture, nul ne peut désigner le Newton ou l’Einstein de l’informatique. J’y reviendrai plus en détail. Quant au terme de « pensée », je l’utiliserai tantôt dans un sens faible, comme la ou les manières de penser, tantôt dans un sens plus fondamental.