Textes

Les Perspectives rédigées en juillet 2014 en introduction du Rapport annuel de l’Ifri le Ramses 2015

Article paru dans le débat le 27 août 2014, par Thierry de Montbrial et Thomas Gomart

En France, parler de think tanks s’apparenterait à de « l’import/export intellectuel », dans la mesure où la circulation internationale des idées serait le lieu de diverses formes de nationalisme et d’impérialisme . Importé des États-Unis, le terme ne fait aujourd’hui l’objet d’aucune définition consensuelle. En dépit d’un effet de mode, les think tanks restent méconnus dans notre pays. À Washington, ils sont des acteurs à part entière de la vie publique et plongent leurs racines dans cette vitalité associative qui faisait dire à Alexis de Tocqueville :

Communication à l’Académie des sciences morales et politiques, le 16 juin 2014

La réflexion sur la notion de « prévoir » s’impose en raison de malentendus dont la racine commune est la naïveté qui caractérise la plupart des discours sur l’avenir. On l’a bien vu, typiquement, à la suite des événements de l’hiver 2010-2011, curieusement qualifiés de « printemps arabe », qui – à partir d’un incident quelque part en Tunisie – ont provoqué la chute de Ben Ali puis celle de Hosni Moubarak en Égypte, et mis en mouvement d’autres forces, comme en Libye ou en Syrie. Que n’a-t-on entendu, alors, sur « l’incompétence des diplomates » ou sur la cécité des prévisionnistes !

Discours de réception de Mario Monti à l’Académie des sciences morales et politiques, Paris, le 5 mai 2014
Vous êtes italo-européen. Vous êtes italien. Vous êtes lombard. Vous êtes économiste. Vous êtes un universitaire avec ce que cela suppose d’esprit critique et d’indépendance. Vous êtes un Européen ouvert sur le monde.

Les Perspectives rédigées en juillet 2013 en introduction du Rapport annuel de l’Ifri le Ramses 2014

Communication à l’Académie des sciences morales et politiques, le 7 janvier 2013

Avant de tenter d’éclairer cette question, il convient de s’entendre sur les concepts. Celui de puissance, qui s’applique à toute unité active et en particulier à toute unité politique, est l’un des plus discutés dans la littérature. Il prête à beaucoup de confusion. Je commencerai donc par préciser ma propre interprétation. Il importe de distinguer entre pouvoir et puissance.

Intervention au colloque «Relecture de Raymond Aron – Paix et guerre entre les nations – cinquante ans après (1962‑2012)» à l’Académie des sciences morales et politiques le 5 novembre 2012

J’ai rencontré Raymond Aron pour la première fois en 1973. Il m’avait invité à déjeuner au lendemain de ma nomination au Quai d’Orsay, et m’avait longuement parlé de Paix et guerre, dont il était très fier. Un peu plus tard – en 1976 très précisément – je l’ai lu intégralement et annoté à chaque page, et relu plusieurs fois par morceaux depuis. Parallèlement, je me suis attaqué à Clausewitz grâce aussi à Raymond Aron.

François Rabelais. Texte publié dans À quoi sert le savoir, Paris, PUF, 2011

Les grands maîtres de notre tradition humaniste, comme Rabelais ou Montaigne, nous ont appris que le savoir, « ça sert d’abord à former le jugement », et qu’une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine. À deux siècles de distance, le prince de Talleyrand, qui s’y connaissait, distinguait clairement le savoir, le savoir-faire et le savoir-vivre, et n’hésitait pas à conclure que des trois, le plus important est le savoir-vivre.

Version révisée et augmentée d’une préface rédigée en 2011 pour la traduction de À la recherche du temps perdu, publiée sous les auspices de l’Académie roumaine.
Les œuvres sont jugées au tribunal du Temps. Celle de Marcel Proust a aisément gagné en première instance, et l’on ne risque rien en pariant qu’elle l’emportera haut la main en appel. Sa singularité comme son universalité jaillissent dans la chute du Temps retrouvé : « Aussi, si elle [la force…] m’était laissée assez longtemps pour accomplir mon œuvre, ne manquerais-je pas d’abord d’y décrire les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant une place si considérable, à côté de celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place au contraire prolongée sans mesure puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants plongés dans les années à des époques, vécues par eux si distantes, entre lesquelles tant de jours sont venus se placer – dans le Temps. »

Version révisée d’une communication à l’Académie des sciences morales et politiques, le 28 février 2011.

Lorsque, dans les années 1978 et 1979, je jetais les fondations de l’Institut français des relations internationales (Ifri), seuls quelques initiés connaissaient en France le vocable think tank et avaient une idée au moins approximative de ce qu’il recouvrait. Ce vocable est devenu à la mode mais ne fait encore l’objet d’aucune définition consensuelle. On le traduit généralement en français par laboratoire d’idées.